lundi 25 août 2014

Itty Bitty Hellboy Plush : 2014 SDCC Exclusive


Just for you, quelques clichés de ma dernière acquisition, la peluche Itty Bitty Hellboy exclusive à la Comicon"14 de San Diego et limitée à 500 exemplaires dans le monde. Un collector qui ne vaudra, je pense, jamais grand chose, mais un collector quand même !




Interview de Joe Querio sur "The Broken Equation" !


Comme quoi, il semblerait que je ne sois pas le seul à avoir adoré le boulot de Joe Querio sur le premier numéro de la mini B.P.R.D. Hell on Earth : The Broken Equation. En effet, cet excellent dessinateur a répondu à une interview pour le site Bloody Disgusting portant sur sa participation au Mignolaverse ainsi que sur ses sources d'inspiration. Allez, c'est ti-par :

Bloody-Disgusting : Parlons des numéros 122 à 123 de “B.P.R.D.” ; comment était-ce de travailler avec Mike Mignola et John Arcudi ainsi que de contribuer à la construction de cet univers massif ? Vous ont-ils imposé certaines contraintes ?

Joe Querio : Je suis un fan grand fan de l’univers de Mignola depuis très longtemps. J’étais super excité à l’idée de travailler sur cette série. Je n’arrivais pas à y croire, je travaillais dessus comme si je travaillais sur ma propre création. Mon sens esthétique étant fortement influencé par cet univers, je savais ce qui marcherait et ce qui ne marcherait pas dans cette série. Je n’ai eu aucune contrainte. Certaines de mes idées n'ont pas été retenues mais je n’ai jamais pris ça comme une contrainte. Cette série fut l’un des projets les plus fun sur lequel j’ai jamais travaillé.

BD : Une des choses que j’ai particulièrement bien aimées dans votre travail sur le premier numéro est cet incroyable sens du cadrage dans vos cases. Quel fut votre approche pour les scènes en intérieur et celles en extérieur et comment avez-vous fait pour que vos cases respirent autant ?

JQ : Je suis très influencé par le Guy Davis de la phase « B.P.R.D. » Je voulais faire quelque chose de qualité et je me suis inspiré de ce monde incroyable créé lors de son passage sur la série. J’envoyais mes planches à Dave Stewart pour qu’il puisse faire ses trucs à lui de son côté. Ce mec ne peut pas se tromper et je ne pourrais jamais le critiquer. Les couleurs choisies pour cette série étaient toujours pertinentes. Bref, c’était vraiment une super collaboration.

J’ai travaillé avec Dave il y a quelques années sur une histoire courte « Lobster Johnson ». Elle ne faisait que huit pages mais ça ne m’a pas empêché d’être plus qu’enthousiaste à l’idée de retravailler avec lui. Dave est capable de donner beaucoup de profondeur à une case avec ses couleurs, un peu comme celle que vous cherchez à recréer avec du noir et blanc. Les couleurs de Dave pourraient donner rehausser la qualité de n'importe quelle série.


BD : Comment votre travail sur « The Witcher » vous a-t-il aidé dans votre approche du monde de « B.P.R.D. » ?

JQ : « The Witcher » a vraiment été compliqué à réaliser. Ce fut très instructif pour moi et j’ai appris beaucoup de choses sur les trucs à faire et à ne pas faire. J’ai également appris quelques astuces sur la disposition des cases sur une planche. J’ai essayé plein de trucs sur « The Witcher » qui, je pense, n’ont pas dû marcher à chaque fois. Scott Allie m’a beaucoup aidé dans la façon de traiter les cases à l’intérieur d'une planche. Il m’a pour ainsi dire appris ce que je ne devais surtout pas faire.

[rires]

Ça m’a pris quelques temps avant de bien connaître l’univers de « The Witcher ». Il y avait beaucoup de travail et j’étais un peu perdu au début. Je suis fan de la série « B.P.R.D. » depuis si longtemps que ça a été facile pour moi d’y entrer. J’ai toujours été un lecteur de « B.P.R.D. » et Guy Davis, James Harren et Jason Latour m’ont appris beaucoup de choses à travers leurs travaux.

BD : Avez-vous ressenti une certaine forme de pression en arrivant sur ces numéros ?

JQ : Je me suis surtout mis une énorme pression tout seul car je suis un grand fan de la série. John, Mike et Scott ont vraiment été adorables avec moi et ne m’ont jamais mis la pression. Ils voulaient juste s’assurer que je respecterais les deadlines. Je me suis donc surtout mis la pression tout seul car je ne voulais pas me chier dessus alors que je surkiffe cette série.

BD : Saviez-vous que vous que votre numéro allait faire partie de l’initiative « Starting Points » de Dark Horse ?

JQ : Je n’ai su ça qu’après coup. J’ai parlé brièvement à John de cette histoire de Kaiju et je n’arrivais pas à y croire. Ayant grandi en regardant « UltraMan », écouter John me raconter le concept m’a rendu hystérique.

BD : Certains designs de créatures font penser à du Lovecraft, et comme je devine que vos sources d’inspiration doivent être plutôt variées lorsqu’il s’agit d’imaginer des créatures monstrueuses, quelle a été votre plus grande source d’inspiration ?

JQ : L’idée de la créature aux multiples membres venait de John. Il voulait une sorte de mashup des six gars ayant franchi le portail. Il m’a demandé d’imaginer un Dieu Sombre écraser ces hommes avant de les envoyer de l’autre côté du portail. Il m’a donné beaucoup de bonnes indications afin de bien me diriger la bonne direction. J’ai réalisé cinq designs différents avant de donner à cette créature sa forme finale. A chaque fois qu’on me demandait de faire un quelconque changement, cette bestiole devenait de plus en plus belle.


John a décrit cette créature comme étant le retour du monstre du film "La Mouche". John était vraiment surexcité lorsque je lui ai envoyé le design final. Pour les croquis de la chose que Kukyo voit de l'autre côté du portail, je voulais qu'elle ressemble à mes croquis crayonnés. Ils sont dessinés au crayon puis je trace par-dessus avec un feutre fin afin de donner volontairement à l'ensemble un côté "gribouillis". 

BD : Quelle est votre approche de l’horreur et qui est votre artiste horrifique préféré ?

JQ : Mike Mignola, Guy Davis et James Harren. En dehors du médium séquentiel, j’aime beaucoup les classiques ciné des années 70 et 80. Le « The Thing » de John Carpenter reste l’un de mes films d’horreur préférés. J’essaie d’injecter dans mon travail cette ambiance si propre aux films de Vincent Price. Et maintenant que j’ai bossé sur le Mignolavere, je suis juste impatient d’en faire plus. Je ne suis peut-être pas le meilleur pour ce qui est de faire des dessins anguleux, mais c’est tout simplement mortel de bosser dans ce monde ravagé. 

jeudi 21 août 2014

Hellboy in Hell: The Descent (SDCC Hardcover Edition)


Petite galerie de clichés de ma dernière acquisition : le volume Hellboy in Hell : The Descent dans sa version limitée à 1200 exemplaires dans le monde. Un bien beau hardcover vendu exclusivement sur le stand de Dark Horse lors de la dernière Comicon de San Diego. Enjoy :




The Mysteries of Unland : Interview de Maura McHugh !


C'est avec un peu de retard que je vous propose de découvrir aujourd'hui une interview que Maura McHugh, co-scénariste de la série Witchfinder : The Mysteries of Unland, a donné au site Comic Buzz le mois dernier. De quoi découvrir (un peu) les coulisses ainsi que les enjeux de cette excellente série. Comme d'habitude, la traduction maison risque de vous piquer les yeux, soyez donc indulgents avec votre pauvre blogmaster. Allez, c'est ti-par :

ComicBuzz : Comment cette opportunité de travailler sur « Witchfinder » s’est-elle présentée à vous ? 

Maura McHugh : Kim fut approché le premier. Il avait déjà écrit pour tous les mediums existants mais pas encore pour un comic book. Du coup, lorsque l’offre lui est parvenue, il m’a contacté afin de savoir si ça m’intéresserait de travailler sur cette série avec lui. Kim et moi avions déjà collaboré ensemble sur l’écriture d’une pièce de théâtre Londonienne avec d’autres scénaristes, chose qui nous a tout de suite confortés dans le fait que nous pourrions facilement faire équipe. Comme j’avais déjà écrit des comics par le passé, il savait que j’avais en main tous les aspects techniques qui permettent d’écrire pour ce médium.

CB : En tant que scénariste et romancière, quels furent pour vous les principaux défis à relever dans l’écriture d’une histoire conçue pour un medium aussi graphique qu’est le comic book ? Le trait de Tyler Crook collant parfaitement au ton de la série, comment s’est déroulée votre collaboration ?

MMH : Tyler est un artiste fantastique ! La façon dont il travail est la suivante : vous lui délivrez votre script, vous obtenez par la suite les crayonnés et encore plus tard les planches encrées et finalisées. Après avoir finalisé le script, nous sommes restés tout le temps en contact avec Tyler et avons ainsi pu voir toutes les parties de son processus créatif. Ce fut donc une étroite et très agréable collaboration entre nous et Tyler.

Concernant les défis posés par l’écriture d’un script pour ce médium : j’ai un diplôme en dramaturgie en poche. Mon parcours universitaire m’a donc appris comment utiliser efficacement les dialogues ainsi qu’à prendre conscience de l’importance du visuel. J’ai donc été entrainé à maitriser toutes ces bases qui peuvent également être appliquées au médium séquentiel. Il y a plus de liens entre la dramaturgie et les comics qu’entre l’écriture prosaïque et les comics, mais toutes les formes d’écriture peuvent vous aider dans le sens où vous ne cessez d’

CB : L’industrie Irlandaise du comic book est toujours en phase d’émergence et reste encore à ce jour considérée comme un marché de niche. Vous avez écrit pour l’éditeur « Atomic Diner » des séries comme « Jennifer Wilde » ou bien encore « Roisin Dubh » ; 

MMH : Cela prend un peu de temps avant que vous ne saisissiez l’essence du personnage. J’étais déjà familière avec la période Victorienne - Kim en est d’ailleurs un expert -, du coup, le fait d’écrire une histoire prenant place au milieu du 19ème siècle ne nous a pas posé de problèmes. Nous avons une bonne vision de la façon dont les gens pensaient et agissaient en ce temps-là. Nous avons également fait pas mal de recherches et lu tous les numéros du Witchfinder. Nous avons par la suite présenté notre version du personnage à notre éditeur Scott Allie ainsi qu’à Mike Mignola et ils en furent plutôt contents. Ils ont simplement déplacé certains éléments ici et là, vraiment très peu, et nous ont soutenu et aidé tout le long de notre collaboration avec eux.

CB : Mike Mignola était donc très impliqué dans le processus créatif de la série ?

MMH : Absolument tout - du script aux dessins - devait passer par lui et Scott, mais il ne s’est jamais montré intrusif. Il nous a simplement laissé faire notre boulot, ce qui fut une grande preuve de confiance de sa part. Il n’a jamais ressenti le besoin d’interférer dans notre travail lorsque ce n’était pas nécessaire.

CB : Parlons justement de votre vision d’une bonne collaboration. D’après-vous, qu’est-ce qui définit une bonne collaboration ?

MMH : Lorsque vous rebondissez sur les idées d’une autre personne, votre histoire ne peut être que meilleur. Vous apportez tous les deux vos talents respectifs à la narration. Il aurait été impossible pour moi d’écrire ce comic book toute seule, et Kim n’aurait pas pu l’écrire de cette façon tout seul car il s’agit d’un produit issu d’un duo formé par nous deux et créer dans ce seul but.

Comme pour tout, il y a ceux qui aiment écrire seuls, ceux qui détestent ça, ceux qui aiment écrire en collaboration avec une autre personne et ceux qui sont tout simplement contre cette idée. Personnellement, j’aime les deux façons de travailler.

CB : « Lovecraftien » est un terme qui peut être appliqué à beaucoup de séries « Witchfinder » ; pensez-vous que cette observation est bonne ?

MMH : Cet élément a toujours fait partie de l’ADN du HBverse et cette nouvelle histoire du « Witchfinder » se déroule à une période proche de celle durant laquelle Lovecraft a vécu. Il y a certains auteurs et styles d’histoires auxquels nous avons pensé lorsque nous avons écrit « The Mysteries of Unland », mais bizarrement, Lovecraft ne faisait pas partie de la liste, et ce même si certains aspects de l’influence Lovecraftienne se retrouvent dans la grande tradition horrifique. Les gens pourraient se dire « Hmmm, des anguilles », mais en réalité, les anguilles sont plus un produit de l’environnement qu'une volonté de notre part de vouloir rendre hommage à Lovecraft.

CB : Cette série, bien que très mystérieuse, possède également son lot de grandes scènes d’action. Comment avez-vous trouvé l’équilibre afin d’éviter à cette série de n’être, soit qu’une scène d’exposition géante, soit qu’une grosse scène d’action s’étalant sur cinq numéros ?

MMH : Ca peut parfois être assez compliqué. Il y a une grande variété de styles narratifs dans le medium séquentiel et ils ne suivent pas la même progression. C’est une histoire horrifique prenant place au 19ème siècle, avec un enquêteur du paranormal comme principal protagoniste. Les gens s’attendent donc à lire une histoire policière et vous, de votre côté, vous voulez leur donner ce type d’histoire, mais tout en ajoutant quelques scènes d’action. Kim et moi adorons la tradition horrifique. Nous n’avions donc pas peur d’utiliser à certains moments une sensibilité très « films de la Hammer » - vous pourrez voir ça un peu plus tard dans la série. Si l’histoire que vous écrivez est intéressante, les lecteurs vous donneront une certaine marge de manœuvre lors des scènes d’expositions, mais vous vous devez toujours chercher à les divertir. Nous avons vraiment fait de notre mieux pour trouver un bon équilibre.

CB : Du coup, et ce sans dévoiler trop d’éléments, que peuvent attendre les lecteurs de la suite de « The Mysteries of Unland » ?

MMH : Et bien, pour paraphraser Kim, je dirais qu’il y aura plus de pluie ! Il y aura également des anguilles de différentes tailles. Si les gens ont aimé le premier numéro, ils aimeront probablement ceux à venir. Comme Grey est en plein cœur d’une enquête, vous en apprendrez plus sur la région ainsi que sur les raisons qui font que la ville de Hallam est ce qu’elle est.

mardi 19 août 2014

Hellboy in Hell : Artist's Edition, le focus !


Voici rien que pour vous et vos petits yeux gourmands une galerie de clichés maison de la version regular du Hellboy in Hell & Other Stories : Artist's Edition. Enjoy :




En bonus track, le comparatif recto-verso des deux éditions du Hellboy : Arist's Edition :


Interview démoniaque pour le blog !


Un grand merci mais surtout un énorme BIG UP à mon nouveau super copain, monsieur Ced Wood, pour cette interview d'enfer. N'hésitez surtout pas à visiter le site de cet artiste hors du commun afin d'y découvrir des pièces absolument hallucinantes (oui, je parle bien évidement de son buste fait maison de Hellboy, mais ne vous inquiétez pas, je devrais avoir son adresse dans pas longtemps...) ainsi que des reviews très détaillées de toyz en tous genres. Encore un sincère merci à ce couteau suisse du net qui m'a fait un grand honneur en s'intéressant de près, et de façon sincère, à ce qui anime ce blog depuis maintenant sept ans, à savoir la passion dévorante du geek.

Mignola et Allie font le point sur le HBverse !


Rien de mieux pour bien débuter la semaine qu'une bonne grosse interview de Mike Mignola et Scott Allie. Cherchez pas, y'a pas mieux ! C'est donc au micro du site Bloody Disgusting que nos deux amis se sont laissés aller à un brossage complet des enjeux qui traversent actuellement les ongoings Abe Sapien et Hellboy in Hell ainsi qu'à une petite supputation sur leur éventuel avenir et probable fin. Comme d'habitude, si jamais vous croisez au cours de votre lecture une énorme faute daurtaugrafe ou bien de conjugaison, n'oubliez pas que c'est bibi qui s'est chargé de sa traduction. Allez, c'est ti-par :

Bloody-Disgusting : Votre approche du Mignolaverse a toujours reposé sur des histoires courtes. Pourquoi ce choix et que préférez-vous là-dedans ?

Mike Mignola : Lorsque je pense « histoire courte », je pense en général à une histoire s’étalant sur huit pages. N’étant pas un grand lecteur de comics, je suis du genre à préférer les histoires courtes. Je n’avais d’ailleurs jamais bossé sur une série régulière avant de faire « B.P.R.D. » Le plus gros problème pour moi était de respecter les deadlines. Même au cours des années qui précédèrent le lancement de la série « Hellboy », j’étais considéré comme un gars dédié aux projets spéciaux. J’ai toujours pensé “petits projets” car, à moins que vous ne travailliez sur une série régulière, vous n’avez pas spécialement envie de laisser en suspens un million de fils narratifs. Cela énerve particulièrement les gens dans le sens où ils doivent attendre six mois avant que la résolution de l’histoire n’arrive. John Arcudi a beaucoup plus d’expérience que moi dans le domaine des histoires mensuelles. Il pense énormément au développement de ses histoires.

Scott Allie : Parfois, nous poussons John à écrire des histoires courtes, mais il adore se lancer dans des histoires de cinq ou bien six numéros.

MM : Ce qui est vraiment génial. C’est quelque chose qu’il fait très bien, mais même avec nos histoires courtes, vous n’êtes pas à l’abri d’y voir un élément qui demandera à être développé un peu plus. C’est le piège. Vous créez des histoires qui tiennent très bien toutes seules mais lorsque vous prenez un peu de recul, vous vous apercevez que tout ça mène finalement quelque part.

SA : Nous sommes un peu âgés. Nous venons d’une époque où beaucoup de comics étaient en fait des standalone. A chaque fois que vous vous achetiez un comic book, vous aviez entre les mains une histoire complète. Je me souviens lorsque Neil Gaiman venait de créer « Sandman ». Les sept premiers numéros étaient excellents. Chaque numéro faisait office de standalone, mais gagnaient à être lus une fois reliés dans le même volume. Alan Moore a fait exactement la même chose avec « Swamp Thing ». 

MM : Ce qui est bien avec les histoires courtes, c’est de pouvoir donner aux lecteurs la chance de prendre l’histoire principale en cours de route. Ce matin, quelqu’un m’a dit au sujet du sixième numéro de « Hellboy in Hell » qu’il fonctionnait très bien en tant que standalone et qu’il offrait une bonne vitrine pour tous ceux qui ne sont pas familiers avec le personnage. Je ne sais pas si c’est vrai mais au moins, vous ne déboulez pas en plein milieu d’un combat qui dure depuis trente-six numéros.

BD : Nous sommes aujourd’hui à un moment pivot pour les deux séries. Vingt ans après les débuts de la série, Abe s’apprête à avoir un nouveau départ et « Hellboy in Hell » vient tout juste de débuter son deuxième arc narratif. Une véritable célébration de l’héritage de Hellboy ainsi qu’un nouveau challenge pour ces  deux protagonistes.  Même si ces deux nouvelles séries peuvent-être digérées assez facilement, pourquoi de nouveaux fans les débuteraient-ils alors qu'ils ont plus de vingt ans de publication  de retard ?

SA : Hellboy, Abe et tous les membres du B.P.R.D. traversent aujourd’hui le moment le plus compliqué de leurs parcours. Je pense que « Hellboy in Hell » est le comic book que Mike a toujours rêvé de faire. Ces personnages se trouvent tous dans des lieux vraiment intéressants. Abe est sur le point d’en apprendre plus sur lui et sur sa prétendue responsabilité dans cette histoire de fin du monde. Dans la série « B.P.R.D. », les personnages se préparent à traverser une période assez tendue. Kate Corrigan est sur le point de vivre l’une des meilleures histoires que nous ayons pu écrire sur elle. Tout ce petit monde va bientôt devoir gérer ce scénario apocalyptique si spécifique et unique à cet univers créé par Mike.


MM : Nous vivons dans le monde des volumes reliés. Je ne me sens pas trop sous pression vis-à-vis de ces standalone. Je veux juste que les lecteurs ne se sentent pas complètement perdus dès lors qu’ils lisent une de mes séries. Nous voulons que les lecteurs, s’ils sont suffisamment intéressés par nos histoires, fassent des allers retours entre les différents volumes. Tout le matériel indispensable à la bonne compréhension du HBverse est publié et prêt à être lu. Cet ensemble de série forme une seule et unique histoire. Nous sommes aujourd’hui à mi-parcours, peut-être même plus que ça.

Nous allons dans une direction bien précise. Ce n’est pas un univers qui tournera en rond indéfiniment, ce qui est un peu flippant soit dit en passant car cela rend notre travail pour la suite un peu plus difficile. Peut-être que les gens ne reconnaitront pas le monde que j’ai créé il y a vingt ans. Tout a radicalement évolué ces dix dernières années. Ce n’est pas encore un univers post apocalyptique, mais il évoluera dans cette direction.

BD : Les séries « Hellboy » et « Abe Sapien » ont énormément changé au fil des ans. Mike, pouvez-vous nous dire pourquoi Abe fuit son passé alors que vous forcez Hellboy à affronter le sien ?

SA : Hellboy ne cherche pas vraiment la confrontation. 

MM : Au départ, je voulais libérer Hellboy de tous ces trucs qu’il porte sur ses épaules en quelques numéros, et ce afin de lui faire vivre rapidement des aventures courtes. Il s’est finalement avéré que le personnage aura besoin de bien plus de numéros si il veut faire le ménage dans sa vie passée. C’est pourquoi je pense étaler tout ça sur quatre volumes avant de l’emmener dans le lieu où il pourra s’amuser un peu. 

Vous venez de faire une bonne remarque. Malgré ce que l’Enfer traverse actuellement comme perturbations, ce n’est pas grand chose comparé à ce que la Terre endure de son côté. Je pense que Abe va avoir un peu plus de merdes à gérer qu'avant.

SA : La principale différence entre ces deux personnages, c’est que Hellboy a toujours refusé de savoir ce qu’il est ou bien de connaitre la signification de son existence. Abe a toujours été plus enclin à en apprendre plus sur ce qu’il est. Aujourd’hui, Hellboy ne peut pas éviter qui il est et ce qu’il est et Abe, de son côté, se retrouve bloquer dans la mise en place de l’Apocalypse. La question à laquelle il devra trouver une réponse est donc « à quel point suis-je lié à tout ça ? »

MM : Ces deux séries parlent d’évolution, que ce soit celle du monde ou bien celle des personnages. Ce n’est pas comme si nous venions d’affronter Magneto pour la dix millionième fois. Je ne sais vraiment pas comment Marvel et DC arrivent à garder leurs séries à flot. Comment de fois peuvent-ils encore faire le tour du même pot ? De notre côté, nous ne tournons pas en rond, nous nous déplaçons à pied de la côte d'un pays à une autre.

SA : Nous détruisons le pot au lieu d’en faire le tour.

MM : Et nous brulons tout avant d’aller ailleurs.

SA : Il n’y a pas de bouton reset pour tout ce que nous faisons. Si vous avez vu ce que nous venons de faire à la ville de Manhattan, vous devez alors vous douter que ça prendra beaucoup de temps avant de reconstruire cet endroit.

BD : Ce que vous venez de dire est intéressant. Si un autre éditeur faisait ce que vous faites avec le Mignolaverse, ils appelleraient ça un « event comic », mais dans votre cas, il s’agit tout simplement d’un nouveau numéro. Vous célébrez cette année les 20 ans de Hellboy en envoyant vos personnages adorés traverser le moment de leur vie le plus pourri.

MM : J’ai toujours été contre le principe de l’event. Je pense sincèrement que ce genre de truc n’est là que pour booster les ventes d’une série sur une courte période. De mon côté, tout ce que je veux, c’est raconter des histoires. Les gens me demandent pourquoi nous avons organisé tous ces trucs pour le 20ème anniversaire de Hellboy, et pour être honnête avec vous, ça nous est plus tombé dessus qu’autre chose. Je ne voulais pas réaliser de numéro spécial pour cet événement car, dans dix ans, tout le monde se foutra de cet événement spécial. Je ne suis pas là pour faire dont le seul but sera de garnir une collection de livres. Je ne cherche pas à être sur des projets artificiels. Je souhaite uniquement donner à une histoire la place nécessaire afin qu’elle puisse se raconter elle-même.

SA : Les événements sont dans l’histoire. Lorsque Hellboy est mort, notre département marketing allait devenir fou. Ils voulaient à tout prix qu’on en discute, mais Mike fut très précis quant à ce que nous pouvions faire. Je me souviens qu’il avait fait une interview qui fut publié le lendemain de la sortie du numéro voyant Hellboy mourir. 

MM : Tout à fait. Je voulais vraiment que les lecteurs soient choqués en tournant la page qui montre Hellboy mourir. Je ne voulais pas que le service marketing ponde des bannières qui annonceraient ça plusieurs mois en avance. Où serait la surprise ? Et comme je suis également quelqu’un de particulièrement anxieux, ma plus crainte est que, si vous annoncez quelque chose de vraiment grand, je n’aurai alors plus qu’à attendre tranquillement que les lecteurs, déçus, se mettent à dire que ce n’était finalement pas aussi génial que ça. Mais si je vais là où il n’y a rien de particulier pour y faire quelque chose de spécial, les gens se diront « oh putain, ils ont fait sauté New York ! » Nous n’aurons alors plus qu’à nous dire « ouais, on l’a fait. »

BD : Pouvez-vous nous parler de votre collaboration avec Dave Stewart ?

MM : Je commence d’abord par m’excuser pour la qualité plus que médiocre du comic book que je viens de terminer et je le supplie de tout faire pour que les lecteurs pensent que je savais ce que je faisais en le dessinant. Cela correspond à peu près à un tiers de nos conversations. Les deux autres tiers se résument à moi détaillant à Dave ce qu’il doit faire sur le comic book, et ce case par case. Je torture Dave bien plus que n’importe qui d’autre sur cette planète.

SA : Tu le tortures beaucoup moins que ce tu pouvais lui faire subir par le passé. Je pense que c’est beaucoup plus facile pour toi de travailler avec lui qu’avant. Nous faisons ça depuis maintenant si longtemps. Il fut une époque où Mike habitait en ville, et à chaque fois qu’il finissait un comic book, nous nous rendions chez Dave et passions à peu près huit heures sur son ordinateur à passer en revue les 22 pages du comic book.

MM : C’était après que Dave ait terminé de coloriser un comic book. Nous nous asseyions avec lui et faisions quelques ajustements. Dave a dû être tellement heureux lorsque j’ai déménagé à Portland. 

SA : Dave et moi avons appris tant de choses en travaillant sur le Mignolaverse. Nous avons travaillé ensemble sur d’autres projets et nous utilisons le même vocabulaire. 

BD : Dans « Hellboy in Hell », notre démon cornu est entouré par toute cette bizarrerie cosmique. Pourquoi cela l’affecte-t-il d’une façon aussi étrange ?

MM : Hellboy est un anonyme et je pense qu’il aime ça. Il discute avec des gens qui ne semblent pas plus se soucier que ça de savoir qui il est. Hellboy passe plus facilement incognito en Enfer que sur Terre. Hellboy a toujours été rouge, quel que soit l’endroit de la planète où il se trouve. Du coup, Dave et moi avons discuté ensemble de ça et avons pris la décision d’ajuster sa couleur de peau à l’environnement dans lequel il se trouve. Du fait qu’il soit un peu comme une sorte de caméléon dans ce monde, nous voulions lui donner une couleur qui rappelle celle de la couleur de la peau. Il y a bien ces rares moments où sa couleur de peau originelle réapparait, mais c’est plus lié aux moments où il s’allume une cigarette qu’autre chose. Nous lui avons retiré sa couleur afin de mieux le fonder dans ce monde.


BD : Quelle est la partie la plus difficile dans le développement des séries « Hellboy in Hell » et « Abe Sapien » ?

MM : Vous aviez raison tout à l’heure en disant que « Hellboy in Hell » est la série la plus fun que j’ai jamais eu à dessiner. Elle l’est réellement. C’est la série que j’ai toujours rêvé de faire. Seulement voilà, je ne suis jamais satisfait de la façon dont je dessine. J’ai inventé tout le truc mais je trouve encore le moyen de me dégonfler. Dans ces moments, je passe un coup de fil à Scott afin qu’il me donne quelques conseils. D’un côté, c’est vraiment facile pour moi d’inventer tous ces trucs audacieux, mais dès que je dois coucher toutes ces idées sur une planche, je dois me rappeler que si je suis en train de bosser sur cette série, c’est uniquement parce que je veux développer tel ou tel élément étrange du monde que j’ai créé. Je veux emmener cette série dans les abysses. Il y a de la logique dans presque tout, même vous prenez une direction qui vous éloigne profondément de tout ce qui faisait l’essence de votre série.

Hellboy est devenu Roi d’Angleterre, chose qui prend sens lorsque l’on jette œil à ce qu’il a pu faire juste après. C’est tellement étrange. Ce genre de truc est arrivé tout au long de la série. Lorsque j’ai envoyé Hellboy au fond des océans, j’ai cru que j’étais devenu fou. Je continue de prendre des directions qui font que je vais plus loin dans l’étrange, mais après 20 années passées sur la même série, j’ai finalement atteins celle que j’ai toujours rêvé de faire.

SA : Lorsque nous allions commencer la série, nous avons discuté de l’obligation de faire certaines scènes. Nous ne voulions pas les faire mais devions les faire. Il n’y a aucun plan extérieur que nous devons intégrer dans l’histoire principale de la série. Mike me parle de ses idées complètement folles et je veux juste le voir les mettre en case. Si seulement il dessinait plus vite, il pourrait voir ses idées coucher sur une planche bien avant qu’il ne commence à avoir le moindre doute. La conversation a ensuite bifurqué sur les éléments bizarres qu’il avait en tête ainsi que sur les raisons qui l’ont poussé à faire cette nouvelle série. Après tout, où serait l’intérêt si tout dans cette série ne semblait pas totalement dingue ?

MM : C’est vraiment bien pour moi de parler à Scott de tous ces petits trucs. J’ai besoin de lui pour me souvenir de ces détails dont je lui ai un jour parlé. J’ai besoin de lui pour qu’il m’y tienne. C’est top si j’imagine quelque chose de totalement fou, mais cela m’interdit de faire machine arrière afin de rattraper le truc. Il y a un plan bien défini derrière toute cette folie et il faut s'y tenir.

SA : Le plan général de la série que Mike a dans la tête est le plan parfait. Il sait qu’il va quelque part. Il connaît le grand final. Il sait que quelques petits trucs apparaitront à tel ou tel moment de la série mais il se laisse un énorme espace de réflexion pour mieux penser sa petite virée en Enfer. Nous savons que nous nous dirigeons vers quelque chose de vraiment bien. D’après moi, l’industrie du comic book manque cruellement de grandes fins, mais je suis en paix avec ma conscience lorsque je pense à toutes ces choses que nous faisons actuellement.

MM : Nous voulons que les lecteurs soient récompensés de s’être autant investis dans cet univers.

lundi 18 août 2014

Teasing de merde à base de beau bouquin !


Plus d'une semaine après avoir reçu le Hellboy in Hell & Other Stories : Artist's Edition dans son édition limitée à 100 exemplaires, son copain, le même bouquin mais dans sa version dite regular, s'est enfin décidé à pointer le bout de sa page dans ma Hellcave. Bientôt sur le blog, la galerie de clichés maison du bouzin !